En quelques semaines à Paris, j'attrappais tout ce qui peut s'attrapper... de virus et de microbes. Entre les miasmes du métro, le confinement du bus et le froid qui venait de s'abattre sur la France, je n'avais de toute façon aucune chance d'y échapper. Je n'étais pas immunisé !
J'habitais dans un F2 hors de prix sur une double avenue aux Portes de Paris. La circulation ne s'arrêtait jamais et les fenêtres mal insonorisées laissaient passer le bruit. Je dormais avec des boules quies. Je regrettais la tranquilité de mon village en Alsace... 

Pour autant, j'étais bien décidé à profiter de Paris et des Parisiens ! J'étais inscrit sur un site de rencontres payant, dans l'espoir de trouver l'âme soeur, de faire des rencontres sérieuses ou, au moins, de croiser des gens qui me ressemblaient un peu. 

Le premier que je rencontrais n'était pas mal. Assez joli garçon, bien que beaucoup plus petit que moi. Il était assez peu avenant et ne parlait presque pas. C'était assez compliqué de lui arracher quelques mots et, du coup, de savoir ce qu'il pensait de moi (de nous). Car j'avais beau lui montrer que je n'étais pas indifférent à son charme (quoique très discret), je n'avais quant à moi aucun retour sur mon pouvoir de séduction... De dîners en soirées, nous avons finis par nous retrouver chez lui, à son initiative, je tiens à le préciser ! Drôle d'ambiance : nous sommes restés plantés devant la télé une bonne partie du temps à regarder ... Mylène Farmer en concert. Je n'ai rien contre a priori, sauf que j'estimais qu'on avait un peu mieux à faire. Et lorsqu'il s'est mis à chanter devant la télé, j'ai senti que ça ne marcherait pas entre lui et moi ! Notre nuit me l'a confirmé. Le lendemain nous mettions fin à une relation qui n'avait de toute façon pas commencé.

Le second, je le rencontrais quelques semaines plus tard. Un genre tout à fait différent du précédent. Très posé, il avait à peu près le même âge et la même taille que moi. Beaucoup moins de cheveux cependant. Un garçon plutôt aimable avec une très bonne situation. Très urbain, assez chic. Avec lui les bonnes manières et le protocole étaient respectés à la lettre. Il habitait une magnifique maison à des kilomètres de Paris. Outre le fait qu'il m'avait fallu beaucoup de temps pour me rendre chez lui, je m'étais senti complètement prisonnier en posant mon sac dans l'entrée. J'avais eu violemment envie de partir, comme si cet endroit n'avait pas été fait pour moi et qu'il me repoussait. C'est du moins ce que je crois avoir ressenti... 
Le week-end s'est révélé être un vrai supplice. Trop rigide, trop guindé, cet homme ne laissait pas de place à la spontanéité et même ses élans de tendresses semblaient engoncés dans une sorte de cérémonial appris. Lorsque, le lendemain, il commença à me parler d'adopter un enfant, je n'en cru d'abord pas mes oreilles. Comment pouvait-il faire de tels projets avec un garçon qu'il venait à peine de rencontrer ? Qu'est-ce qui lui en donnait le droit ? Moi je cherchais comment lui dire qu'entre nous ça ne collerait pas et finalement je saisis cette opportunité. Je lui annonçais tout de go qu'il n'était pas envisageable pour moi d'adopter un enfant (ce qui est vrai) et je vis à sa mine déconfite -- un peu scandalisée -- que j'avais trouvé le point de non retour.
Il me reprocha vaguement de ne pas avoir été honnête et de l'avoir laissé croire qu'entre nous c'était sérieux (sic). Sur le coup je me suis senti un peu pincé par son reproche, mais en même temps j'étais soulagé de me sortir d'une relation "que je ne sentais pas".

J'en étais là de mes rencontres un peu foireuses, commençant à me dire que je ne rencontrais que des hommes pour le moins "différents" et, pour tout dire, je me demandais si les garçons "banals" existaient ! Et j'acceptais de rencontrer L. ...