Gay.mais.pas.que

27 octobre 2013

Think Different

Ce que nous trouvons beau ou plaisant ne l'est en réalité que pour nous, vis à vis de notre propre échelle de valeurs, de nos critères d'appréciation personnels. Chacun le sait, la beauté est subjective et tous les goûts sont dans la nature. Forts de ce constat nous n'avons plus qu'à garder pour nous nos jugements, qu'ils soient positifs ou négatifs d'ailleurs. Pourtant certains persistent à vouloir nous faire adopter les mêmes opinions qu'eux.

Ce n'est pas grave, mais ce qui me gêne parfois c'est que nous n’adhérons en masse -- et moi le premier -- à ces opinions que nous finissons par croire comme étant les nôtres. Nous perdons notre libre arbitre au profit de maîtres à penser dont le seul objectif est de nous fourguer leur camelote. Quel que soit le domaine, nous sommes conditionnés pour aimer les mêmes choses. Notre pensée devient unique et nous ne nous en rendons pas compte.

Nous lisons, écoutons, mangeons, admirons, portons la même chose. Au final nous vivons tous les mêmes vies, nous faisons les mêmes rêves et nous finissons par devenir tous les mêmes. Qui a dit des moutons ? Indubitablement nous nous normalisons, nous nous faisons formater. Nous perdons notre originalité qui, dans un monde parfait, ferait de nous des individu(alité)s bien défini(e)s.
Alors quoi faire pour être soi sans être contre les autres ? Pour être unique sans être seul ?

Pour moi, une des conditions absolues est de ne plus avoir peur de faire ses propres expériences, et tant pis si elles vont à l'opposé des sentiers battus. Essayer de penser différemment (pour reprendre le fameux think different  d'une "i-marque" précisément spécialisée dans le conditionnement de masse...) est une façon d'avancer vraiment, en se trompant ou en se découvrant. En se mettant en danger aussi, pour en sortir put-être grandi....

J'ai dû le faire quand j'ai compris mon homosexualité. Pour le coup, j'étais obligé de modifier ma façon de penser, d'aller à l'encontre des schémas et des croyances prêtes à consommer dont on m'avait nourri.  Je n'avais pas le choix car sinon je renonçais à ma propre personnalité, j'allais "à l'envers de moi-même" et ce n'était pas tenable.
Au début, je ne pouvais pas imaginer ce genre de vie. Un homme avec un homme n'était pas concevable. Éventuellement chez les autres mais pas pour moi... Ce n'était pas facile à cette période ;  c'était même très difficile de gérer ce conflit intérieur permanent. Une guerre civile se jouait dans mon être à chaque instant, sans aucun répit !
Il m'a fallut beaucoup de temps, et de peine, avant d'oser lâcher le bord, avant d'oser me lancer dans ma propre vie, ma propre interprétation de l'homosexualité. Je devais faire ce travail de "penser différemment"...  à l'opposé des codes qu'on m'avait inculqués ? Eh bien ... non, pas tant que ça en fait !  Aussi bizarre et paradoxal que ça puisse paraître, ces fameuses "bases" éducationnelles m'ont servi. Il m'en est resté, dans le cas précis de ma vie amoureuse, une certaine vision du couple, de la fidélité et de la loyauté. Une farouche volonté de m'intégrer, d'avoir une vie sociale ouverte et de m'épanouir dans la stabilité d'une relation longue.

Malgré ça, je suis toujours un mouton qui mange, écoute, voit, porte, lit... la même chose que tout le monde. Pourtant je me sens un tout petit peu différent car je garde en moi le souvenir de ce moment où j'ai réussi à me détacher des codes et des idées toutes faites. Il m'arrive parfois de m'engager sur des chemins de traverses -- persuadé que la route qu'on m'impose n'est pas la bonne -- mais je m'y prends assez mal et, très vite, je pars "contre" les autres plutôt que partir "avec moi" sans me soucier des autres... En clair, j'agis plus par opposition à un système que par réel désire de suivre mes propres envies, mes propres idées. Suivre ces idées... c'est tentant sur le papier.  En ce qui me concerne, je l'ai déjà fait une fois et j'ai survécu. Et nous sommes des millions à l'avoir fait au moins une fois !
Alors pourquoi ne pas recommencer ?

 

(reblogué depuis l'arbre à chat)

Posté par ek91 à 12:22 - Commentaires [1]

18 octobre 2013

La rencontre

J'ai rencontré L. en mars. C'était à St Michel, sur la place, devant la fontaine. Ça m'arrangeait qu'on se retrouve dans ce quartier parce que mon RER passait par là, à Notre Dame. Pour moi c'était direct depuis ma banlieue et comme je  ne mettais pas beaucoup d'espoir dans cette rencontre ce dimanche après midi là, je me disais que ce serait plus facile de rentrer tôt.

Lorsque je l'ai aperçu, derrière un petit groupe de manifestants qui réclamaient la fin des expérience sur les animaux je crois, ma première pensée a été de me dire qu'il devait y avoir une erreur. Quelque chose se passait de différent dans ma tête. Il ne correspondait pas aux garçons que je rencontrais habituellement. Il était sans doute "mieux", mais je ne peux pas définir ce que j'ai pensé juste en utilisant le mot "mieux". C'était plutôt un tout, une impression, quelque chose de plus subtil. Je l'ai trouvé plus grand, plus viril, plus visible, plus...je ne sais quoi, en comparaison de ceux que j'avais rencontrés dernièrement (ou de celui que je m'attendais à rencontrer).

Il ne faisait pas froid ce jour là car nous nous sommes attablés en terrasse pour prendre un verre. Une terrasse quelconque dans une rue parallèle tranquille. Nous n'étions pas dérangés. Nous avons discuté ; j'allais dire "de tout et de rien". C'est un passage obligé quand on rencontre quelqu'un pour la première fois : on doit raconter qui on est, d'où on vient et vers où on croit aller. C'est un exercice impossible et du coup on le bâcle, faute de pouvoir faire mieux. Moi, pour tout dire, je trouve ça assez rébarbatif. Ce n'est pas que je n'aime pas parler de moi, mais c'est simplement le sentiment de ne pas être profond et surtout de répéter toujours les mêmes choses inintéressantes. Bien qu'avec L. cette sensation de lassitude m'ait effleuré un instant, il me semble néanmoins que la discussion m'a été agréable. Pouvait on parler de connivence à ce stade ? Je crois qu'en réalité c'était plus sûrement de la ressemblance.

Après avoir longuement discuté à la terrasse de ce pub, nous sommes allés dîner dans un restaurant près de chez lui. Nous aurions largement pu trouver un restaurant dans le quartier du bar, tout près de ma station de RER. Mais je l'ai suivi, ailleurs. J'ignorais que nous étions à deux pas de son appartement. Il me l'avait peut être dit, mais je ne m'en souciais guère. Je voulais simplement prolonger la douceur de l'après midi que nous avions passée ensemble. Le repas fut du même acabit que le reste de la journée : plaisant. Nous nous sommes séparés en milieu de soirée et comme je m'étais grandement éloigné de ma ligne de RER, j'allais mettre longtemps à rentrer. Mais cela ne me pesait finalement pas, bien que la soirée fut froide. Je n'étais pas euphorique ni forcément très enthousiaste. J'étais simplement satisfait de mon après midi et de notre rencontre et j'envisageais de le revoir dans la semaine.

Ce fut chose faite le mardi qui suivit. Une rendez vous le soir à son appartement cette fois pour un apéritif. Une sensation d'être avec un ami, un proche. Comme si on se connaissait depuis des années. Étrange. Un resto, un peu de vin... Je crois que j'avais pris la voiture. A moins qu'il ne fut tard. Peu importe, en tout cas je suis resté pour la nuit.

15 septembre 2013

Bien décidé

En quelques semaines à Paris, j'attrappais tout ce qui peut s'attrapper... de virus et de microbes. Entre les miasmes du métro, le confinement du bus et le froid qui venait de s'abattre sur la France, je n'avais de toute façon aucune chance d'y échapper. Je n'étais pas immunisé !
J'habitais dans un F2 hors de prix sur une double avenue aux Portes de Paris. La circulation ne s'arrêtait jamais et les fenêtres mal insonorisées laissaient passer le bruit. Je dormais avec des boules quies. Je regrettais la tranquilité de mon village en Alsace... 

Pour autant, j'étais bien décidé à profiter de Paris et des Parisiens ! J'étais inscrit sur un site de rencontres payant, dans l'espoir de trouver l'âme soeur, de faire des rencontres sérieuses ou, au moins, de croiser des gens qui me ressemblaient un peu. 

Le premier que je rencontrais n'était pas mal. Assez joli garçon, bien que beaucoup plus petit que moi. Il était assez peu avenant et ne parlait presque pas. C'était assez compliqué de lui arracher quelques mots et, du coup, de savoir ce qu'il pensait de moi (de nous). Car j'avais beau lui montrer que je n'étais pas indifférent à son charme (quoique très discret), je n'avais quant à moi aucun retour sur mon pouvoir de séduction... De dîners en soirées, nous avons finis par nous retrouver chez lui, à son initiative, je tiens à le préciser ! Drôle d'ambiance : nous sommes restés plantés devant la télé une bonne partie du temps à regarder ... Mylène Farmer en concert. Je n'ai rien contre a priori, sauf que j'estimais qu'on avait un peu mieux à faire. Et lorsqu'il s'est mis à chanter devant la télé, j'ai senti que ça ne marcherait pas entre lui et moi ! Notre nuit me l'a confirmé. Le lendemain nous mettions fin à une relation qui n'avait de toute façon pas commencé.

Le second, je le rencontrais quelques semaines plus tard. Un genre tout à fait différent du précédent. Très posé, il avait à peu près le même âge et la même taille que moi. Beaucoup moins de cheveux cependant. Un garçon plutôt aimable avec une très bonne situation. Très urbain, assez chic. Avec lui les bonnes manières et le protocole étaient respectés à la lettre. Il habitait une magnifique maison à des kilomètres de Paris. Outre le fait qu'il m'avait fallu beaucoup de temps pour me rendre chez lui, je m'étais senti complètement prisonnier en posant mon sac dans l'entrée. J'avais eu violemment envie de partir, comme si cet endroit n'avait pas été fait pour moi et qu'il me repoussait. C'est du moins ce que je crois avoir ressenti... 
Le week-end s'est révélé être un vrai supplice. Trop rigide, trop guindé, cet homme ne laissait pas de place à la spontanéité et même ses élans de tendresses semblaient engoncés dans une sorte de cérémonial appris. Lorsque, le lendemain, il commença à me parler d'adopter un enfant, je n'en cru d'abord pas mes oreilles. Comment pouvait-il faire de tels projets avec un garçon qu'il venait à peine de rencontrer ? Qu'est-ce qui lui en donnait le droit ? Moi je cherchais comment lui dire qu'entre nous ça ne collerait pas et finalement je saisis cette opportunité. Je lui annonçais tout de go qu'il n'était pas envisageable pour moi d'adopter un enfant (ce qui est vrai) et je vis à sa mine déconfite -- un peu scandalisée -- que j'avais trouvé le point de non retour.
Il me reprocha vaguement de ne pas avoir été honnête et de l'avoir laissé croire qu'entre nous c'était sérieux (sic). Sur le coup je me suis senti un peu pincé par son reproche, mais en même temps j'étais soulagé de me sortir d'une relation "que je ne sentais pas".

J'en étais là de mes rencontres un peu foireuses, commençant à me dire que je ne rencontrais que des hommes pour le moins "différents" et, pour tout dire, je me demandais si les garçons "banals" existaient ! Et j'acceptais de rencontrer L. ...

07 septembre 2013

Le debut du renouveau

Tout à commencer durant l'été 2011. J'avais déjà passé plusieurs entretiens à Paris car je souhaitais, surtout, changer de boîte. C'était pour moi plus essentiel que de quitter l'Alsace. Je me sentais d'ailleurs bien là-bas... Pour la première fois de ma vie j'avais des amis gays en nombre et nous sortions assez souvent ensemble malgré mes horaires décalés. Ils n'étaient plus anecdotiques comme ça avait déjà pu être le cas et j'avais décidé de mettre un temps au placard mes relations avec les hétéros et  leurs problèmes de progéniture. J'étais passe d'un extrême à l'autre mais je m'en trouvais assez heureux.

J'avais, donc, été échaudé par deux rendez vous successifs qui n'avaient pas abouti et quand on ma proposé un troisième entretien pour un job sur Paris, j'ai réellement failli annuler deux jours avant. Mais je me suis ravisé, pensant qu'il fallait au moins y aller plutôt que de renoncer sans même avoir essayé. Je me suis donc rendu pour la troisieme fois en deux semaines à la capitale. C'était le 26 août 2011. Je m'en souviens très bien et il ne faisait pas beau ce jour là. Je suis arrivé sur place vers 10h pour un rendez-vous à 12h30 je crois. Je ne me suis pas spécialement ennuyé. J'ai pris le temps de réfléchir aux conséquences d'un changement d'entreprise, d'un énième déménagement -- à plus de 600 km --, des contraintes d'habiter sur Paris, etc... Bref, j'ai réfléchi à une nouvelle vie éventuelle.

Bien m'en a pris puisque quelques jours plus tard, à mon retour de vacances -- à Barcelone --, j'ai été confirmé pour le poste et on m'a demandé de commencer le 1er décembre. Dés lors ce sont enchaînés adieux plus ou moins émouvants, formalités en tout genre, préavis houleux, organisation fébrile et tri. Oui, tri. Je ne pouvais pas emmener l'entierté de ce que je possédais en termes de meubles, bibelots, gadgets, vieux vêtements et autres inutilités. Alors j'ai commencé à trier, à sélectionner, parfois à vendre et souvent à jeter. Au début ça n'a pas été simple et, petit à petit, c'est devenu moins douloureux de se débarrasser de ces vieilleries que j'avais entassées. Et finalement c'est même devenu assez plaisant de faire de la place. C'était un peu comme si je revoyais la lumière après avoir passé des années enseveli sous un tas de vieilles choses ! 

Je prenais, me semblait-il, un nouveau départ. Le 20 novembre je quittais définitivement mon ancien boulot ; le 27 je quittais définitivement mon appartement en Alsace, le 30 j'enménageais à Paris et le 1er décembre je commençais mon nouveau travail. Le 3 décembre je tombais malade...

 

06 septembre 2013

Après deux ans

Si je ne devais choisir qu'un seul événement qui me soit arrivé au cours des deux dernières années (pendant  lesquelles je n'ai plus donné signe de vie ici), si je ne devais garder qu'un point déterminant, je dirais que c'est d'être venu m'installer à Paris. Bien sûr, avoir rencontré un garçon aimant avec qui je vis désormais est bien plus important que d'avoir changé de région, mais, en y regardant de plus près, tout ce qui a modifié, conditionné, façonné ma vie ces deux dernières années est lié à ce changement géographique. C'est donc sans conteste le fait marquant.

  • J'ai quitté l'Alsace en novembre 2011 pour venir donc vivre et travailler à Paris. Ca n'a pas été une mince affaire pour tout vous dire et je me souviens encore des péripéties qui ont entouré ce changement d'air.
  • J'ai commencé mon nouveau job en décembre 2011. Je pourrais vous en raconter des tonnes sur ce sujet...
  • J'ai rencontré L. en mars 2012. C'était hier, je m'en souviens tellement bien.
  • Nous sommes partis en vacances en septembre 2012 (puis en juin 2013 puis en août 2013)
  • Je me suis installé chez lui en octobre 2012 (re-déménagement...)
  • Mes parents ont appris l'existence de L. en janvier 2013
  • J'ai redécouvert les joies du blog en juin de cette année. (C'est ici : http://larbreachat.wordpress.com)
  • J'ai réalisé que vous étiez nombreux à venir encore par ici en juillet.
  • Aujourd'hui je reprends les posts ici même (tout en continuant ailleurs) : au menu, retour sur ce qui s'est dit et fait depuis le 22 août 2011, nouvelle allure générale pour la mise en page, petit dépoussiérage de certains posts anciens, nouveaux billets bien sûr et surtout nouveaux commentaires de votre part !

 

Posté par ek91 à 05:29 - 2 - Abordable - Commentaires [0]
Tags : ,


Fin »