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5 août 2011

Vendredi 05 août 2011 - 07h22 et 15h44

interroUn jour obscur, un consultant non moins obscur, conseil en entreprise, lors d'une "formation en management", m'avait expliqué que toutes nos peurs étaient systématiquement liées à une perte. En gros, l'idée, m'avait-il dit, c'est que la peur naît de la crainte de perdre quelque chose. Perdre la vie en premier lieu. Perdre l'amour, l'affection, la confiance, la foi (des autres ou de soi). Et bien sûr perdre son travail, son statut social, sa maison, sa voiture, ses biens, etc. Le sens de cette idée est à mon avis davantage révélé par l'expression  "n'avoir rien à perdre".  Plus de risque de perte = plus de peur... enfin, ça c'est la théorie ! Parce que dans la vraie vie, j'ai beau savoir que je n'ai strictement rien à perdre, je n'en ai pour autant pas moins peur.

A la lumière de cette idée de peur = perte, la vraie question qui se pose donc n'est pas de savoir si j'ai du courage, de la combativité ou de la compétence par exemple mais simplement de mesurer ce que je suis prêt à mettre en jeu et si j'accepte de le perdre le cas échéant. Parce qu'au final, tout n'est qu'un jeu.

Je crois que, par extrapolation, j'ai tendance à exagérer les conséquences de mes actes en pensant que je risque de "tout perdre" alors même que je ne possède pas grand chose, voire rien du tout. Et de toute façon, le peu que je possède ne m'apporte pas de satisfaction. Si je prends un exemple concret, je pourrais disserter pendant des heures sur ma perspective de changer de travail. Oui, mais non, mais peut être, mais pas sûr, ou bien... les tergiversations sont légion mais sont-elles légitimes ? En prenant le problème sous l'angle de cette relation peur/perte, je ne dois plus répondre qu'à une question : "que risque-je de perdre ?".  Mon statut social ? Mon appartement, mon standing ? Mes relations professionnelles ? Le confort de l'habitude ? Mon salaire ? Mon cadre de vie ? Mes amis si je déménage ? ... Je me rends bien compte que toutes ses pertes ne sont ni fondées (je ne perdrais pas mes (vrais) amis ; le statut social qui est le mien ne m'apporte aucun avantage ;...), ni réelles (pourquoi devrais-je absolument avoir un salaire plus petit ? pourquoi devrais-je  absolument  dégrader mon cadre de vie ?).

Tout cela est, je m'en rends compte, une tournure de mon esprit qui me contraint à rester dans ma cage dont la porte est pourtant grande ouverte ! Je crois vraiment que l'être humain est son pire ennemi. 
En reliant la plupart de mes posts (au moins les récents) les uns aux autres, je me rends compte qu'ils ont un dénominateur commun que je n'avais senti que confusément jusqu'à présent : est-ce la manifestation d'une envie de sortir de cette gangue qui m'emprisonne, de cette litanie quotidienne, de cette léthargie environnante ? La volonté de voir plus loin que le bout de mon nez, de trouver ma propre vérité, de faire mes propres expériences ? Reprendre du poil de la bête, cesser d'avoir peur, ne plus craindre de perdre ? Un peu de tout cela ?...

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Commentaires
F
Une partie du bouddhisme est basée sur cette croyance que c'est la peur de perdre qui cause la souffrance. La réponse paradoxale de cette philosophie est que l'homme doit apprendre à perdre tout, pour devenir indépendant de ces attachements et ne plus souffrir.<br /> Tes interrogations finales me paraissent donc légitimes: De quoi puis-je m'éloigner pour me rapprocher de l'essentiel?
S
Ah les consultants tous les mêmes heureux de te retrouver
T
La peur de l'inconnue. On sait se que l'on perd , mais pas se qu'on l'on retrouvera. La décision de changer de route n'est chose facile. L'important s'est de se trouver et le bout du tunnel apparaîtra. M.E.R.D.E
P
La peur de l'abandon plus que de la perte de quelque chose est, il me semble, THE frayeur number one.
Gay.mais.pas.que
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