Depuis le temps
Cela fait des années que je nourris le secret espoir de commencer la rédaction d’un roman, ou, pour être un peu moins présomptueux, d’un essai ou d’une nouvelle. Bien sûr, je ne suis pas un écrivain. N’en déplaise à ceux qui apprécient ma prose de ci, de là, je ne connais pas beaucoup de mots, je ne maîtrise pas toute la complexité de la grammaire française et je fais des fautes de conjugaison, quand il ne s’agit pas de fautes d’orthographe. C’est vrai que c’est embêtant…
Pourtant, ce n’est peut être pas le plus ennuyeux des problèmes qui se lèvent devant moi quand je pense à l’entreprise que serait l’écriture d’une “histoire”. Je me dis que le temps me fera défaut. Evidemment, car on n’écrit pas à la demande, comme ça, parce qu’on a un moment de libre ! Ceux qui rédigent des billets pour leur blog le savent bien : l’inspiration ne vient pas en claquant des doigts (en tout cas par pour moi). Et puis cela demande beaucoup de concentration, de calme, de réflexion : bref, il faut pouvoir – savoir ? - se poser et se consacrer entièrement à son ouvrage. Hormis le soir, donc la nuit, et éventuellement le dimanche, je n’ai guère d’occasions de me plonger dans ce qui m’apparaît comme un vrai sacerdoce. J’ai bien pensé prendre une année sabbatique – je suppose que cela doit vous faire sinon rire, au moins sourire – , mais je ne sais pas de quoi je pourrais bien vivre si je ne travaillais pas ?
Tant pis pour le temps, donc. Je le prendrais sur celui que je consacre au sommeil, ou au sport ou au reste… Persiste encore le problème crucial de l’histoire en soi. Car il faut bien dire une chose : quand on tient une “bonne” histoire, avec une “bonne” intrigue, l’écriture est sans doute plus aisée, plus fluide, plus instinctive. Je ne dis pas qu’il suffit de trouver l’histoire pour que le tour soit joué, mais je crois tout de même que si le cœur du récit est vide, le corps, tout aussi joli qu’il soit, ne suffit pas à rendre attrayant une œuvre.
J’ai une idée qui me trotte dans la tête depuis quelques temps et qui me paraît acceptable tant du point de vue de l’intrigue que de celui de la mise en forme. J’'ai une vision maintenant assez nette des personnages et du décor. Le ciment prend peu à peu … dans ma tête ! Mais sur le papier c’est autre chose. C’est une première étape, je vous l’accorde.
Maintenant, en admettant que je parvienne à écrire cet ouvrage, à faire quelque chose de concret de mon idée, je me sens encore plus effrayé à l’idée de montrer le résultat de mon travail. Peut être la pudeur, à moins que ce ne soit mon incapacité à recevoir la critique ?
Malgré tout, je n’en démords pas : j’ai vraiment ce secret espoir de commencer la rédaction de quelque chose… et si je commence, promis, vous en aurez la primeur
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