Saisonnalité
Je me souviens comme si c’était hier des billets déprimés et déprimants parsemés de-ci, de-là sur nos blogs au milieu de l’automne, au début de l’hiver. J’entends à nouveau les “manques de tonus”, les “petits coups de blues”, les “pfff” et les “mouais”. J’ai encore en tête les jours qui traînent et les reproches faits au vent, à la pluie, à la neige, au verglas… Bref, je me rappelle que nous nous enfoncions tous et toutes dans cette espèce de torpeur qui nous rend presque inertes et qu’on appelle Hiver.
Aujourd’hui je lis avec légèreté les renouveaux, les envies, les enthousiasmes. La sève qui était allée se mettre au chaud tout au fond de nos corps empaquetés dans de gros linges remonte d’un coup à la surface de notre peau. Elle vient faire chanter nos veines, nos muscles, nos idées même (et parfois cette poussée provoque chez certains des éruptions rougeâtres post-pubères) ! Nos corps renaissent en quelque sorte à la vie. Les peaux se découvrent un peu plus chaque jour : les chemises perdent petit à petit leur manches, les manteaux s’abandonnent à la maison et bientôt les shorts prendront la place des pantalons… Et cette retrouvaille avec notre propre corps s’accompagne d’un état d’esprit qu’on dirait tout neuf. La lumière douce du printemps nous fait le bonheur de revenir nous visiter.
Quand je vois qu’encore aujourd’hui, dans notre monde où nous n’avons pratiquement plus aucun contact avec la Nature, nous sommes encore sensibles au rythme des saisons, je comprends pourquoi, depuis la nuit des temps, les Hommes ont toujours vénéré le Ciel, le Soleil et les Astres en général.
Quoi de plus magique que ce soleil qui réchauffe les corps et fait pousser les récoltes ? Que deviendrions nous si, d’aventure, l’astre du jour ne paraissait plus ? L’hiver n’existe qu’en comparaison avec l’été… et vis-versa. Comment appellerions nous un hiver sans fin ? Les ténèbres ?
Heureusement le soleil revient chaque jour et chaque jour il reprend des forces. Ainsi s’enchaînent les saisons puis les années et, comme en filigrane, s’écrivent nos vies à l’arrière plan.