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Gay.mais.pas.que
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20 mars 2011

Statistiquement parlant

Salut à tous !

Voici ce que j’ai pu lire cette semaine sur la page d’accueil d’un site de rencontres destiné aux gay :

En France, la moitié de la population gay vit en région parisienne et en règle générale, pour une très grande majorité les gays vivent dans des villes de plus de 100 000 habitants. Les grandes villes comme Paris sont généralement plus anonymes et permissives que le milieu rural, même si globalement l'intolérance envers les homosexuels, dans les sociétés occidentales, a baissé structurellement durant les dernières décennies. 
Il y a 2 fois plus de cadres (et professions intellectuelles supérieures) chez les gais que chez le hétéros ; et 7 fois moins d'ouvriers chez les gays que chez les hétéros.
Selon les différentes études disponibles, on estime que la population gay et lesbienne représente entre 4 et 10% de la population totale.
La moyenne de 6% est sans doute la plus proche de la réalité, ce qui représenterait environ 3.5 millions de personnes pour la France et plus de 20 millions de personnes aux Etats-Unis ; de quoi trouver son bonheur ?!”

J’avoue avoir été très surpris de lire cet article.

D’une part parce que je ne crois pas à ce genre de statistiques. Je trouve assez hasardeux de faire des calculs savants qui ne reposent que sur le bon vouloir des déclarants. Entre 4% et 10% de la population, cela représente tout de même une sacrée différence de l’ordre de 400 millions d’individus ! (pour autant méfiez vous des chiffres car dans les 3.5 millions de français potentiellement homo, donc “à rencontrer” cités, il y a les enfants et les vieillards…) Et puis parler d’une permissivité et d’une tolérance qui seraient plus grandes dans les villes me paraît également un peu rapide. Pour avoir vécu à la ville (longtemps) et à la campagne (longtemps), je peux dire qu’il n’y a fondamentalement pas de différence dans l’acceptation de l’homosexualité. La seule différence que je peux noter c’est l’accès à certains “équipements” comme les bars, les boîtes, les lieux de rencontres (ou de drague) en tout genre. Et pour cause, ils n’existent pas en milieu rural. A part cela, les gens ne sont pas plus ouverts d’esprit “dans les villes de plus de 100 000 habitants” que dans les communes de 5.000 âmes. Bien sûr c’est le qu’en dira-t-on qui fausse la donne. A la campagne, quand on s’installe avec son compagnon, les gens sont vite au courant de cette “singularité” et ils en parlent entre eux avec plus ou moins de bienveillance, de curiosité ou d’amusement. A la ville les gens s’en foutent parce que les gens ne s’intéressent à personne, mais ça ne veut pas dire qu’ils l’acceptent davantage…

D’autre part, parce que j’ai été vraiment très étonné de constater à quel point il était facile, avec une simple introduction de quelques lignes (dont j’ai ôté les fautes d’orthographe), de ranger les êtres vivants dans des cases aussi ridicules que peu hermétiques. Je veux dire qu’expliquer qu’il y a plus de cadres que d’ouvriers gay c’est, même si c’est statistiquement une réalité (voir plus haut ce que je pense des stat), mettre des barrières plus ou moins réelles entre les gay, les hétéro, les cadres, les ouvriers… Il n’aurait plus manqué qu’on nous disent qu’il y avait plus de blancs que de noirs chez les cadres et pour le coup on aurait eu le profil type du “gay 2011”. D’autant plus ridicule que la vie d’un homme n’est pas figée au point qu’un ouvrier ne puisse pas devenir cadre et un cadre ouvrier…

Quand je relis tout l’article je me dis que le garçon gay qui est ouvrier et qui vit à la campagne doit se sentir bien isolé, loin de ces statistiques et de ces conclusions assez drôles au demeurant. En tout cas je me dis que ça ne lui donne pas du tout envie de s’inscrire sur ce site car, en y réfléchissant, qui pourra-t-il bien rencontrer d’autres que des cadres citadins, à 1000 lieux de son quotidien ?

En conclusion, la meilleure des rencontre est bien celle que le hasard met sur notre route. Encore faut-il savoir qu’il n’y a pas de hasard et encore faut-il avoir envie d’échapper à tous ces clichés démodés pour reconnaître et partager un sentiment… Heureusement que le monde n’est pas aussi figé !

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Commentaires
O
@ RPH : les inscriptions à des sites de rencontres ne permettraient au mieux que de recenser les gays... célibataires. <br /> @ Flavien : oui, je suis d'accord avec toi. Au début, il doit y avoir un peu de curiosité "ils surveillent si on a l'air d'un couple ordinaire" puis on fait partie du décor. :)
S
Qu elles soient vraies ou pas pourquoi je rencontre pas le mien a moi ? <br /> <br /> Cadre a Paris et pensonne dans mes bras ????
R
Eh bien , je pense que ces statistiques sont vraies et décrivent assez exactement la réalité, bien qu'elles ne s'appuient pas sur un recensement de la population de l'Insee. Il y a d'autres sources, comme les inscriptions à des sites de rencontres qui permettent de se faire une idée de la répartition géographique des gays, et les forums et blogs divers qui permettent d'avoir des témoignages de la vie à la ville et à la campagne. Pour ce que j'ai vécu et entendu, je pense que, oui, la situation est bien décrite dans la page d'accueil du site de rencontre. Bien entendu, chacun pourra trouver des exceptions à <br /> tout cela .
F
Nnonnon on ne se fait pas jeter des pierres. A la campagne on se fait inviter à la chorale locale, à la fête à la confiture et à l'inauguration de la nouvelle salle des fêtes, c'est tout. C'est si on dit non à tout qu'on se fait jeter. Bon ils surveillent si on a l'air d'un couple ordinaire, à part le fait que ce soient deux hommes. Et on vit très bien. Mais si je me retrouve seul je file à la ville, parce que c'est clair que pour trouver son homme il faut quand même se donner des occasions.(rencontrer trois ou quatre hommes inconnus par semaine dans divers contextes m'a suffi à chaque fois)Après on peut retourner à la campagne muni du nouvel homme de sa vie.
O
La petite ville ou la campagne plus homophobe que la grosse métropole, c'est du cliché. Même le qu’en dira-t-on : ça ne dépend pas de la taille de la ville, ou de sa situation géographique mais de l'environnement général, et des habitants... et son propre état d'esprit. <br /> <br /> Franchement, je me sens bien plus à l'aise dans ma petite ville d'Evian-les-Bains (8000 habitants l'hiver, beaucoup plus l'été) que dans une barre du neuf-trois. Dans mon coin, les gens partent super tôt, en particulier ceux qui prennent le bateau pour aller bosser en Suisse, ils rentrent tard. Un mode de vie urbain, semblable à celui qu'on a à Paris, Lyon ou Toulouse, même si on est entre lac et montagne, à côté des moutons. <br /> Je ne connais pas plus mes voisins ici qu'à Paris. Mon style de vie, et même celui de mes voisins, est urbain, même si nous vivons presque à la campagne, et que les plus grosses villes aux alentours sont en Suisse (Genève à 1h de route et Lausanne à 1h de route ou 45mn de bateau). <br /> <br /> Enfin, je pense que oui, c'est sans doute plus difficile quand on est un jeune gay qui se sent un peu tout seul, parce que comme tu dis, il manque les lieux où rencontrer tes pairs. Mais quand on est en couple, qu'on est à l'aise avec soi même, bien "installé" et finalement avec un mode de vie aussi banal que celui de n'importe quel couple hétéro, il n'y a aucune différence.
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