Statistiquement parlant
Salut à tous !
Voici ce que j’ai pu lire cette semaine sur la page d’accueil d’un site de rencontres destiné aux gay :
”En France, la moitié de la population gay vit en région parisienne et en règle générale, pour une très grande majorité les gays vivent dans des villes de plus de 100 000 habitants. Les grandes villes comme Paris sont généralement plus anonymes et permissives que le milieu rural, même si globalement l'intolérance envers les homosexuels, dans les sociétés occidentales, a baissé structurellement durant les dernières décennies.
Il y a 2 fois plus de cadres (et professions intellectuelles supérieures) chez les gais que chez le hétéros ; et 7 fois moins d'ouvriers chez les gays que chez les hétéros.
Selon les différentes études disponibles, on estime que la population gay et lesbienne représente entre 4 et 10% de la population totale.
La moyenne de 6% est sans doute la plus proche de la réalité, ce qui représenterait environ 3.5 millions de personnes pour la France et plus de 20 millions de personnes aux Etats-Unis ; de quoi trouver son bonheur ?!”
J’avoue avoir été très surpris de lire cet article.
D’une part parce que je ne crois pas à ce genre de statistiques. Je trouve assez hasardeux de faire des calculs savants qui ne reposent que sur le bon vouloir des déclarants. Entre 4% et 10% de la population, cela représente tout de même une sacrée différence de l’ordre de 400 millions d’individus ! (pour autant méfiez vous des chiffres car dans les 3.5 millions de français potentiellement homo, donc “à rencontrer” cités, il y a les enfants et les vieillards…) Et puis parler d’une permissivité et d’une tolérance qui seraient plus grandes dans les villes me paraît également un peu rapide. Pour avoir vécu à la ville (longtemps) et à la campagne (longtemps), je peux dire qu’il n’y a fondamentalement pas de différence dans l’acceptation de l’homosexualité. La seule différence que je peux noter c’est l’accès à certains “équipements” comme les bars, les boîtes, les lieux de rencontres (ou de drague) en tout genre. Et pour cause, ils n’existent pas en milieu rural. A part cela, les gens ne sont pas plus ouverts d’esprit “dans les villes de plus de 100 000 habitants” que dans les communes de 5.000 âmes. Bien sûr c’est le qu’en dira-t-on qui fausse la donne. A la campagne, quand on s’installe avec son compagnon, les gens sont vite au courant de cette “singularité” et ils en parlent entre eux avec plus ou moins de bienveillance, de curiosité ou d’amusement. A la ville les gens s’en foutent parce que les gens ne s’intéressent à personne, mais ça ne veut pas dire qu’ils l’acceptent davantage…
D’autre part, parce que j’ai été vraiment très étonné de constater à quel point il était facile, avec une simple introduction de quelques lignes (dont j’ai ôté les fautes d’orthographe), de ranger les êtres vivants dans des cases aussi ridicules que peu hermétiques. Je veux dire qu’expliquer qu’il y a plus de cadres que d’ouvriers gay c’est, même si c’est statistiquement une réalité (voir plus haut ce que je pense des stat), mettre des barrières plus ou moins réelles entre les gay, les hétéro, les cadres, les ouvriers… Il n’aurait plus manqué qu’on nous disent qu’il y avait plus de blancs que de noirs chez les cadres et pour le coup on aurait eu le profil type du “gay 2011”. D’autant plus ridicule que la vie d’un homme n’est pas figée au point qu’un ouvrier ne puisse pas devenir cadre et un cadre ouvrier…
Quand je relis tout l’article je me dis que le garçon gay qui est ouvrier et qui vit à la campagne doit se sentir bien isolé, loin de ces statistiques et de ces conclusions assez drôles au demeurant. En tout cas je me dis que ça ne lui donne pas du tout envie de s’inscrire sur ce site car, en y réfléchissant, qui pourra-t-il bien rencontrer d’autres que des cadres citadins, à 1000 lieux de son quotidien ?
En conclusion, la meilleure des rencontre est bien celle que le hasard met sur notre route. Encore faut-il savoir qu’il n’y a pas de hasard et encore faut-il avoir envie d’échapper à tous ces clichés démodés pour reconnaître et partager un sentiment… Heureusement que le monde n’est pas aussi figé !