Couples
L’autre jour je regardais un couple, là, devant moi. Un homme et une femme qui s’étaient arrêtés pour ajuster la poussette dans laquelle ils s’apprêtaient à déposer leur bébé. Je n’arrivais pas à détacher mon regard de ces deux personnes et du fruit de leur union. Pourquoi ? parce que le monsieur était particulièrement beau et la dame, elle, était particulièrement laide. Outre le fait que je me disais que leur bébé aurait peut être la chance d’être beau comme son père, je me demandais surtout comment ces deux êtres avait pu se sentir attirés l’un par l’autre au point de s’accoupler et de donner naissance à un enfant.
Ce n’est bien sûr pas la première fois que j’observe ce genre de “décalage” dans un couple. Ma conception du couple est celle d’un univers de parfaite harmonie, tant spirituelle que physique. Mais à bien y réfléchir, je me demande si les “vrais” couples ne sont pas justement ceux que forment ces personnes que rien ne semble vouloir rapprocher et qui trouvent l’intelligence d’aller chercher chez l’autre des qualités qui seraient essentielles ? Aller au-delà de l’apparence pour trouver chez l’autre l’amour, l’humour, la subtilité, l’intelligence, la loyauté, le respect, la confiance…
Oui mais voilà, toutes ces qualités, suffisent-elles à effacer le manque d’attirance physique ? A moins que l’attirance physique ne soit qu’un leurre ? C’est à dire du miel pour les mouches ou, dit autrement, un attrape-nigauds-qui-ne-voient-pas-plus-loin-que-le-bout-de-leurs-nez ! J’entends bien que ce que l’on voit en premier chez l’autre c’est son physique, son image… Mais je n’en suis plus si sûr maintenant… je veux dire, l’image de lui même que nous renvoie l’autre n’est elle qu’une enveloppe charnelle ou, inconsciemment, sans savoir comment, ne voyons nous pas plutôt ce que l’autre “dégage” de lui-même (l’amour, l’humour, la subtilité, l’intelligence, la loyauté, le respect, la confiance…)
Ca paraît idiot, n’est-ce pas ?
Pourtant l’attirance est (sans doute) un mécanisme tellement complexe que j’ai peu de chances de réussir à en comprendre les mécanismes. Alors peut être que, dans cette complexité incommensurable se cachent des phénomènes dont je n’ai même pas conscience (au-delà des choses concrètes que sont les phéromones, et les réactions chimiques et électriques qui s’enchaînent dans mon corps lors d’une rencontre).
Finalement, je trouve que c’est “chouette” ces couples qui cassent une certaine image de la relation amoureuse dans laquelle seuls les gens “beaux” auraient droit au bonheur. En réalité, je crois bien que c’est l’inverse et que les gens physiquement beaux sont souvent pris à leur propre piège, c’est à dire leur propre superficialité : ils ne rencontrent que des gens comme eux car ils ne montrent d’eux mêmes qu’une enveloppe, certes belle, mais terriblement vide.