Japon
Bonjour à tous.
Lorsque des catastrophes naturelles surviennent, comme celle qu’a connu le Japon vendredi, j’avoue que je me sens très mal à l’aise. D’une part il y a ce sentiment d’être concerné tout en ne l’étant pas vraiment et, d’autre part, il y a cette disproportion soudaine entre le vie que je mène et ses petits aléas relativement ridicules, et la détresse de ces gens qui, brutalement, sans rien avoir fait pour le mériter, perdent tout : famille, amis, abris. Pourtant, qu’on le veuille ou non, la vie continue. On continue à vaquer à ses occupations quotidiennes parce qu’on ne peut de toute façon pas faire grand chose d’autre et que le reste du monde ne s’arrêtera pas de tourner.
Moi qui lis beaucoup de roman japonais, je crois savoir que la littérature dans ce pays – et les gens en général – est marquée par deux évènements majeurs que sont le tremblement de terre de 1923 (qui ravagea Tokyo) et les deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, respectivement les 6 et 9 août 1945. D’ailleurs, actuellement je lis la pentalogie de Aki Shimazaki qui s’intitule “Le poids des secrets”. Dans chacun des cinq livres, un des protagoniste offre au lecteur son point de vue sur leur histoire commune. Il y est question de ce jour où la terre a tremblé transformant Edo en mer de flammes et de ces deux terribles journées où les flammes sont venues du ciel, comme une espèce de cerise immonde sur le gâteau déjà infect de la guerre.
Je suis donc très frappé par ce qui s’est passé là-bas (si loin) cette semaine. Du coup j’évite de trop regarder les images diffusées sur le Net car, en plus d’être mauvaises conseillères, elles amplifient ce sentiment d’impuissance pourtant bien logique. D’autre part, je ne regarde jamais les journaux télévisés car ils déforment toujours l’information et semblent se régaler de ces images sordides de gens morts ou en train de mourir – ou même de ces scènes où l’on devine le destin tragique de personnes qu’on ne voit pourtant pas. Je ne supporte plus le ton des journalistes…
Comme j’ai dit que ceci était un blog “positif” j’ai cherché une conclusion à ce billet qui soit plus optimiste que son contenu. Je n’ai pas, contrairement à ce qu’on pourrait croire, eu de difficulté à la trouver. Je crois que s’il y a une chose qui est bonne à ce malheur c’est que, l’espace d’une catastrophe, les hommes redeviennent solidaires les uns des autres. Oui, je crois que c’est cela ma conclusion : l’union des peuples et des nations face à leur fragile condition. S’entraider plutôt que s’entretuer ; c’est mince, mais je crois que ça vaut la peine de s’y accrocher.