Influence
J’ai l’habitude de dire quand on me demande quel style de “musique” je préfère (question qu’on me pose de moins en moins d’ailleurs je trouve, c’est intéressant….) que j’écoute de la musique “de supermarché”. Non pas de la musique qu’on achète en supermarché, mais de la musique diffusée en supermarché. Pour le dire autrement, j’écoute de la pop, de la musique commerciale, de l’easy listening… tous ces termes conviennent. A de rares exceptions près, je suis très conventionnel même si, de plus en plus, je ne vis plus avec mon temps. Je ne connais pas les derniers chanteurs à la mode (enfin pas bien) car, pour moi, ils se ressemblent tous. La pop actuelle me fait l’impression d’une soupe immense dans laquelle trempe des jeunes gens interchangeables les uns avec les autres. Peu (pas) de personnalités émergent de ce courant musical. Il est loin le temps des Madonna !
Dans mon enfance, il y a une voix de la chanson (française) qui m’a marqué plus que n’importe quelle autre et curieusement, ce n’est pas tant sa voix que son physique qui m’ont envouté (si tant est qu’on puisse être envouté par quelqu’un à 5 ou 6 ans !). Et oui, je vous parle d’une époque bien lointaine où on portait des pantalon à pattes d’éléphant gris qui démangeaient et des sous pull en acrylique qui tenaient horriblement chaud. Je sais d’ores et déjà que ce billet n’évoquera rien pour certains d’entre vous.
Les plus ”anciens”, donc, se souviennent peut-être de l’année 1977, quand Marie Laforêt s’est mise à chanter Il a neigé sur Yesterday. Je ne pourrais pas vous décrire l’effet que cette chanson produisait sur moi à chaque fois que je l’entendais et quelle impression me faisait cette femme chaque fois que je la voyais à la télévision. J’étais sous le charme. Un charme d’enfant qui croit naïvement que toutes les femmes sont belles comme Marie et qu’il a, pour de vrai, neigé sur un drôle d’endroit appelé Yesterday, même en été. Une chanson à laquelle je ne comprends rien mais qui me berce. Une voix qui n’est pas encore chargée de sensualité mais qui me captive. Et puis d’autres chansons qui jouxtent celle-ci comme Ivan, Boris et moi , Viens ou Mon amour, mon ami, pour ne citer qu’elles.
Marie Laforêt c’était pour moi, petit garçon, le regard intimidant des Femmes réunit dans les yeux d’une seule. La voix, inimitable viendra ensuite. Dieu que je trouvais cette femme belle ! Je trouvais d’ailleurs à ma petite voisine, C., des similitudes avec cette grande dame. Les yeux bleus et les cheveux très noirs et, pour le reste, juste trente et quelques années de moins…
Aujourd’hui, les échos que j’entends où les photos que je vois ne rendent pas hommage à ce qu’elle fût. La vieillesse est belle mais malheureusement ce n’est pas une étape de la vie qu’on valorise et c’est pourtant la dernière (la seule ?) image qu’on garde de vous. Moi je préfère me souvenir de ces moments d’insouciance passés en compagnie de sous-marins jaunes et de quatre musiciens que je ne connaissais pas.
Je me demande ce que les petits garçons d’aujourd’hui écoutent, aiment et pensent en voyant les clips, les Youtubes et autres Dailymotions de leurs artistes…? Mais ont-ils besoin de les voir ? Ont-ils seulement l’envie et le temps de rêvasser sur des chansons dont ils ne comprennent sans doute pas les paroles en anglais ? Je me le demande…