La Laisse
J’ai lu en deux jours à peine le livre de Françoise Sagan, La laisse, que Farfalino m’avait conseillé ici. Il y voyait une ressemblance avec ce que j’avais vécu lors de ma relation avec W.
Farfalino n’avait pas tort. Globalement, le thème de se livre qui se dévore (en plus il ne fait que deux cents pages) est la possession ou plutôt devrais-je dire la possessivité. La possession étant un fait et la possessivité étant un comportement.
Il y a une phrase que F. Sagan place dans la bouche du héros et que j’ai retenue parmi d’autres : « Tu ne m’aimais pas », dit-il à sa femme qui le supplie de ne pas s’en aller, «tu n’aimais que ma présence ». Cette phrase à elle seule résume tout le livre et ce que, parfois, on peut être amené à vivre. Confondre l’amour que l’on porte à quelqu’un et l’amour que l’on porte à la possession de quelqu’un est un piège qui peut paraître gros mais qui, dans les faits, est très difficile à éviter. Jouir de la seule présence d'une personne à ses côtés signifie que ladite personne n'a finalement aucune importance en soi et qu'elle est "interchangeable" quasiment à volonté.
Dans ce livre de Françoise Sagan il est question de l’argent et de la dépendance de celui qui n’en a pas vis-à-vis de celui qui en a. Là encore j’avais voulu faire comprendre dans mon texte que ce qui peut sembler être "une vie facile" n'est en réalité qu'un cauchemar qui vous ronge à petit feu. Mais je n’ai pas le talent de Mme Sagan pour faire passer les messages ! Oui, se sentir redevable quand l’autre vous entretient du bout de son porte monnaie n’est pas une situation tenable. Servir de faire valoir dans des soirées où l’on vous fait comprendre que vous n’êtes rien d’autre que "l’ami de X.", certes joli à regarder mais sans aucune autre valeur, est difficile à réaliser, à intégrer et à accepter (malgré les discours rassurants de votre bien aimé qui vous jure ses grands Dieux que vous vous faites des films…).
Merci donc à Farfalino de m’avoir fait lire ce livre. Je m’y suis retrouvé… même si pour mon histoire la comédie n’a pas duré sept ans, les sommes d’argent en jeu n’ont pas été aussi faramineuses et la fin n’a pas été aussi dramatique.