Cours du soir, espoir
C’était en projet dans ma tête depuis déjà deux bonnes années et hier (la rédaction de ce billet a été entamée mardi…) j’ai enfin pris le temps de l’initier et surtout j’ai osé me lancer. Cela fait maintenant presqu’un an que je me suis remis à l’anglais de façon assidue (c’est une des heureuses conséquences du temps passé avec W. car c’est en grande partie lui qui m’a encouragé à m’y remettre). Ceux qui me suivent depuis juin, savent même que je suis parti à Londres cet été (j’en ai parlé ici avec même des messages depuis le Royaume Uni et des photos aussi…). Avoir des connaissance en anglais c’est une chose courante finalement, quand on a suivi un parcours scolaire “classique” comme le mien. Sept ans d’anglais, de la sixième à la terminale : ça doit laisser quelques souvenirs. Si, en plus, on écoute de temps en temps des chansons en… anglais et qu’on surfe sur des sites en… anglais, on acquiert une petite base de travail pour… l’anglais. Mais ce n’est qu’une toute petite base ridicule ! Je me suis bien vite rendu compte que je ne comprenais que très vaguement le sujet d’une émission en anglais. Que je n’étais pas capable d’engager une conversation avec des britanniques ou que mon accent à couper au couteau était aussi dramatique que mon manque de vocabulaire.
J’ai essayé de travailler seul. J’ai acheté des livres, des méthodes, des cahiers, des stylos de toutes les couleurs. Je me suis abonné à des revues en anglais et j’ai même payé (pas cher) pour recevoir des chaines de télé made in GB. Le résultat n’était, de mon point de vue, pas très concluant et je sentais que si je ne pratiquais pas la langue dans un contexte de conversation, je ne progresserais pour ainsi dire jamais. Alors j’ai commencé à chercher comment prendre des cours. Des cours particuliers ou des cours sur Internet ? Des séjours linguistiques ou du coaching par téléphone ? Je ne trouvais pas la formule adaptée. Lundi matin, très très tôt le matin, j’ai repensé à cette association qui organise des cours du soir. Elle est très connue ici en Alsace. Leur catalogue est impressionnant. Il y en a pour tous les goûts : de la cuisine au yoga, de l’alsacien à l’anglais… J’ai donc passé mon petit test en ligne pour savoir à quel cours m’inscrire. Puis j’ai cherché le cours idéal (qui soit dispensé suivant mes possibilités d’emploi du temps). Je n’ai pas mis longtemps à le trouver, et l’après-midi même, comme une lubie, j’ai décidé d’aller m’inscrire.
Arrivé là-bas j’ai été autant impressionné par l’organisation de l’association que je l’avais été par la lecture de leur catalogue ! Le petite dame, un peu simplette et très gentille, qui a bien voulu procéder à mon inscription m’a fait de la peine : “le cours est annulé faute de participants”, m’a-t-elle dit. “Mais j’ai un autre cours à vous proposer !”, a-t-elle aussitôt ajouté, comme si elle avait voulu se racheter, voyant qu’elle m’avait attristé. En réalité, le cours que j’avais sélectionné était celui le plus adapté (du moins sur le papier) à mon niveau (déterminé d’après le test en ligne passé le matin, vous vous souvenez ?). Et le cours “de rattrapage” qu’elle me proposait était un peu fourre-tout. Sous le nom pompeux de “English Booster”, il regroupe des participants avec des niveaux très différents. Ceci dit, comme il est moins cher que le cours annulé, et que j’avais vraiment envie d’essayer, j’ai accepté.
Le premier cours de la saison 2010/2011 d’English Booster ayant lieu le soir même, j’ai du me dépêcher de traverser la ville pour me rendre dans un grand lycée tout délabré. Là même où je devais enfin recevoir la pratique qui me manque tant ! Pour vous dire la vérité, ça m’a fait tout bizarre de me retrouver dans une école après tant d’années. Rien ne change, c’est ce qui me surprend le plus. Les salles de classe respirent toujours la même ambiance. Tables griffonnées (d’ailleurs sur la mienne il y avait écrit “ARNAUD” dans un cœur hasardeux et quelqu’un(e) avait rageusement raturé chaque lettre au stylo noir), estrade grinçante, néons blafards,… seul le tableau semble neuf. Ce qui m’a le plus surpris c’est la légèreté du matériel. Les tables et les chaises semblent faites en balsa. Et surtout tous ces objets sont petits et inconfortables. Quand j’étais lycéen, je passais des heures assis à ces même tables, sur ces mêmes chaises et à l’époque tout cela me paraissait adapté. Lundi soir, à ce cours, j’avais l’impression d’être posé au milieu d’objets trop petits. C’est là que je me suis rendu compte qu’il y avait bien longtemps que je n’étais plus étudiant….
Pour en revenir au cours en soi, je me suis d’abord senti perdu au milieu de ces gens (nous n’étions que huit pourtant) que je ne connaissais pas et dont certains revenaient ici pour la deuxième année consécutive. Ca donnait exactement la même impression que pendant une rentrée : on découvre le lycée, la salle de cours, le prof, les camarades et le programme. Et puis la prof a commencé à dire quelques phrases en anglais et à nous proposer de nous poser des questions les uns les autres (en anglais évidemment). Passé l’appréhension de parler devant des inconnus -- qui plus est dans une langue que je ne maîtrise pas --, je me suis vite pris au jeu. Il faut dire que je me suis rendu compte assez rapidement que j’étais loin d’être le plus médiocre, bien que je ne me considère pas du tout comme bon. C’est à la fois l’avantage et l’inconvénient de ce genre de cours : nous avons tous des niveaux différents. D’un côté cela permet à des gens de tous les milieux, de tous les âges et de tous les niveaux de se côtoyer dans une ambiance plutôt conviviale. D’un autre côté, le risque pour les personnes de niveau assez faible c’est de se sentir larguer par les autres, et pour celles de niveau plus élevé, de ne pas progresser. Mais, m’a-t-on assuré, les professeurs de ce genre de cours s’adaptent au niveau de chaque élève. Presque du sur mesure en fait !
Bon, je dois me procurer mon livre d’exercices. Un petit investissement de 13€. Car j’ai des devoirs à faire pour lundi prochain. Tout cela est vraiment très excitant pour moi, je vous le confesse ; et il y a fort à parier que d’autres billets seront consacrés à ce nouveau sujet…