La Nouvelle Observation - 48e message
Je me rends compte que plus je lis plus je deviens observateur. La lecture est sans doute une occupation [ou une passion ?] qui m'apprend à prendre du recul. Je ne sais pas réellement pourquoi [d'ailleurs je ne sais pas réellement si c'est le cas ou pas]. Peut être est-ce parce que lire demande de s'arrêter, de se concentrer et de devenir attentif. Peut-être qu'en lisant beaucoup [ou régulièrement tout du moins], on acquière une capacité à fixer son attention et à oublier, pour un temps, le Monde qui tourne autour de soi ?
Quoi qu'il en soit j'ai l'impression, donc, que je parviens de plus en plus à me placer en observateur des scènes que je vis et cela s'avère être parfois très déroutant. Par exemple, j'en vois certains faire ce qu'ils disent aux autres de ne surtout pas faire. Ou j'en vois d'autres dire des inepties ou des choses affreuses sur à peu prés tous ceux qui les entourent. J'en vois se trémousser inconsciemment devant l'être qu'il désire secrètement [je vous jure que ça saute aux yeux parfois]. Je croise dans certains regards le mensonge, le calcul (beaucoup le calcul), la perfidie, la méchanceté. Le sourcil gauche qui se lève, comme pour dire "pff, n'importe quoi" ou le sourire qui se crispe l'espace d'un instant...
Globalement (et c'est la réflexion que je me suis faite hier), je trouve que nous avons [je généralise parce que je pense que c'est un trait de caractère assez fréquent et je m'inclus complètement dans ce constat] la critique facile. Je veux dire par là que nous sommes vraiment plus enclins à repérer [voire inventer...] les défauts ou les petites faiblesses des autres plutôt que leurs qualités ou leurs forces. Là encore je n'ai pas d'explication. Je ne sais pas pourquoi nous avons la langue si mauvaise. Est-ce pour se sentir moins pitoyable ? Ou est-ce parce que nous détestons profondément notre prochain ? Entre ces deux hypothèses, je ne sais pas la quelle est la pire.
Résultat des courses : ces moments de lucidité me sont assez pénibles parce que je comprends bien que je suis de la même espèce et que malgré tout le tintouin que je fais, je ne suis pas en mesure de changer (la preuve avec le deuxième paragraphe de ce post que vous avez sûrement, vous aussi, trouvé acerbe). Pour autant j'espère que, de temps en temps, je serai, comment dire ?, "touché par la grâce" et que, ponctuellement, je saurai voir l'autre différemment [ou le voir vraiment - en me concentrant, comme quand je lis]...
Mais pour cela je crois que j'ai encore besoin d'apprendre.
Portez vous bien.