Que le sexe m'emporte - 29e message
Par tous les diables, je me demande ce qui donne au sexe une si grande place dans nos vies.
Est-ce notre instinct de reproducteur qui nous donne envie d’expulser nos gamètes hors de leur sac de conservation ? Est-ce la société dans la quelle nous vivons qui, en nous abreuvant de sexualité dans tout ce qu’elle produit [ou presque] nous incite à nous comporter de la même façon qu’elle ? Vivons-nous dans un monde où tout n'est que désir [charnel] et tentation [physique] ? Est-ce simplement parce que nous avons découvert une fois [quand nous étions encore jeunes] que le sexe eh bien c’était bon et que, depuis, nous ne pouvons plus nous en passer ? A moins que ce ne soit un mélange de tout ça, une espèce de cocktail [molotov] fait de sensations, de sentiments et de désirs.
Pour autant, la sexualité va sans doute bien au-delà de l’acte sexuel en soi. Elle englobe des idéologies, des modes de vie, des choix comportementaux, des orientations, des inclinaisons,… bref, des tas de trucs autour dont nous n’avons pas forcément besoin d’avoir conscience. Ce qui compte souvent pour nous c’est de "prendre notre pied". Ah, prendre son pied [expression étrange s’il en est]… Là aussi, prendre son pied, ne se résume pas à avoir un orgasme. D’ailleurs un orgasme serait souvent difficile à atteindre sans ces fameux trucs autour qui entretiennent savamment la montée du plaisir. L’ambiance, la mise en scène, les préliminaires, le jeu... Parfois même, l’inconnu, la pudeur ou la nouveauté… Finalement, quand nous disons "prendre notre pied", nous avons tendance à penser au résultat, mais il y a fort à parier que sans ce qui précède, nous n’arriverions pas au résultat tant escompté.
A mi-chemin entre un besoin instinctif de nous reproduire et celui complètement subjectif de plaisir, il y a nous. Non, pas nous-les-gays ni nous-les-hétéros. Il y a seulement nous les êtres humains. Pas tout à fait animaux ni tout à fait entités spirituelles, nous sommes, à ce titre, capables de tout.
Nous sommes capables de donner au sexe une place démesurée dans notre vie, jusqu’à ce que cela devienne une véritable obsession ou, au contraire, de refuser le sexe parce qu’il nous paraitrait sale, dégradant ou non conforme à une idéologie quelconque.
Nous sommes capables d’avoir des relations sexuelles sans sentiments ou, au contraire, de mettre tellement de sentiments dans nos relations sexuelles qu’elles en deviennent de vrais casse-têtes existentiels.
Nous sommes capables d’avoir des rapports sexuels avec des partenaires de sexe opposé ou du même sexe et parfois même avec les deux, indifféremment.
Nous sommes capables de mettre nos vies en danger pour le sexe, nous sommes capables de payer pour le sexe, nous sommes capables de crimes pour le sexe. SIDA, prostitution, viol… le sexe c’est aussi ça pour nous les humains.
Finalement il y a un terme qui va bien au sexe : le Fruit Défendu. Bien que j’aie appris aujourd’hui en rédigeant ce billet que rien ne laisse entendre que le Fruit Défendu de la Bible soit en rapport avec le péché de chair, je trouve que cette expression est adaptée. Comment, en effet, imaginer un seul instant pouvoir résister à la saveur d’un fruit, qui plus est s’il est défendu d’y goûter ?
Je crois que si le sexe occupe tant de place dans nos vies, c’est parce qu’il en est à la fois la source et un de ses moteurs. Mais je crois aussi qu’il ne doit pas être un but. C’est un peu comme l'expression « manger pour vivre et ne pas vivre pour manger ».
Profiter des plaisirs [qu’ils soient charnels ou pas d’ailleurs] c’est, peut-être, nourrir son corps et son esprit de sensations essentielles à une vie équilibrée. Après tout, ces derniers temps, pour notre santé, les pouvoirs publiques ne nous disent-ils pas de « pratiquer une activité physique régulière » ?
Ne transigez jamais sur votre plaisir. Il vous appartient d'en rester maître...
Portez vous bien.