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12 juillet 2010

Longue ou courte ? - 27e message

Petite ou grande, longue ou courte,
la durée de mes relations, sinon amoureuses, du moins sentimentales, a longtemps été pour moi une source d’interrogation. Je me suis souvent demandé ce qui avait fait que ma vie de couple [quand il s’agissait de « vie de couple » au sens où on l’entend généralement ce qui, entre nous, était rare] n’a jamais duré guère plus de 4 ou 5 mois d’affilée.

N’étais-je pas prêt à m’engager ? C’est probable. Vivre en couple avec un homme quand on ne comprend déjà pas ce que veut dire « vivre » et ce que veut dire « couple » a quelque chose d’incongru, n’est-ce-pas ? Pour autant, c’était comme un souffle qui me pousse. Une sorte de force mystérieuse qui me disait que, cette fois-ci, ce serait la bonne… Mais rien à faire, je devais d’abord régler mes problèmes avec moi-même [mes fondations] avant de pouvoir construire avec un autre. D’autant que nous aurions eu à bâtir un mur très solide et très haut pour nous protéger des autres : challenge ô combien terrifiant dans ce contexte.

N’étaient-ce pas les bonnes personnes ? Difficile à dire. Je crois, en essayant d’être le plus possible objectif, que j’ai laissé passer ma chance plusieurs fois. Je ne sais pas si aujourd’hui je serais épanoui dans une relation d’amour et de fidélité réciproque, mais j’ai sans doute laissé filer trop vite des personnes qui méritaient que je m’attarde un peu en leur compagnie… Bien sûr, il y a ceux avec qui ça n’aurait jamais du commencer, même pas en rêve ! Croire que je pouvais m’inventer un avenir avec un garçon qui n’avait rien à m’apporter, c’était vraiment faire preuve de naïveté. C’était encore cette force mystérieuse qui me disait : « insiste et tu verras, cette fois ce sera la bonne… » Hélas, trois fois hélas, entre les relations vouées à l’échec et celles abandonnées trop tôt, rien à faire, ça ne décollait pas.

N’était-ce pas le bon moment ?  Je crois qu’il n’y a pas de bons moments à proprement parler. Il me semble que nos vies ne sont que l’entremêlement de milliers de fils. Comme les mailles d’un pull-over. Chaque jours des tas de personnes entrent et sortent de nos vies, croisent nos parcours, les traversent et s’en écartent comme ils s’en sont approcher : sans bruits, imperceptiblement. Chaque jour j’ai des choix qui se présentent à moi. Je n’en suis pas conscient, mais je peux choisir en permanence entre une multitude de directions possibles. Mes choix, mes idées, mes convictions, ma façon d’être me conditionnent, mais, de toute évidence, je suis libre d’être et d’agir. Ainsi, donc, ce serait quoi un bon moment ? Un moment que j’aurais décidé de m’accorder ? Un moment plus propice parce que plus calme, plus équilibré, moins stressé, quoi d’autre encore ? Non, un bon moment ça ne se provoque pas. Dire que mon travail était plus important que ma vie privée… Dire que j’avais besoin de trouver ma place dans la société… Dire qu’il me fallait d’abord faire mon coming-out… Bref, dire, toujours dire et ne jamais agir.

N’en avais-je pas besoin ? Voilà une question qui me paraît plus pertinente. Avais-je besoin de vivre en couple pour former un couple ? Avais-je besoin de rentrer à tout prix dans ce modèle du couple que m’ont servi mes parents pendant des années pour me sentir en couple ? Ou au contraire, n’avais-je pas plutôt envie de vivre mon couple autrement ? N’avais-je pas envie de sortir de cette moiteur qui imprègne le couple « conventionnel » ?
Et si la vraie question à me poser était  alors « Qu’attends-je de mon couple ? »
La réponse est compliquée, bien sûr. C’est quoi un couple ? Une union, une complicité, un partage, une osmose [soyons fous]… ? Un couple ne fonctionne-t-il qu’avec 2 personnes qui s’aiment [d’ailleurs faut il s’aimer pour être en couple ?] ou a-t-il besoin de l’entourage pour se nourrir ?
Je crois que, pour moi, un couple c’est avant tout un équilibre. Un équilibre entre deux forces ou deux tempéraments ou dit autrement, un équilibre entre deux individualités [individus]. Deux individualités qui se complètent et se neutralisent. Qui se nourrissent et s’apportent de la substance l’une l’autre. Pour autant qui ne vivent pas en autarcie. Qui sont ouvertes, chacune de son côté, sur le monde [ne dit on pas que les opposés s'attirent ?... ] et qui se créent un entourage commun qui ne les trahit pas parce qu’elles l’ont choisi toutes les deux, ensemble [...et que qui se ressemble s'assemble ?].
Un couple c’est une force phénoménale que rien ne peut dépasser. Etre en couple, pour moi, c’est se sentir fort même quand l’autre est loin. C’est donner à l’autre toute son énergie et recevoir toute la sienne. Pour autant, ce n’est pas une lutte contre les autres et le monde. C’est un tremplin.
Enfin, être en couple c’est trouver chez l’autre un ami véritable. Celui sur qui je peux compter, quoi qu’il arrive. Celui qui ne me laisse pas tomber : le jour, la nuit, dans le malheur ou la joie. C’est trouver chez l’autre celui qui ne me juge pas, ne me conseille pas mais m’écoute et me comprends du mieux qu’il le peut.

Vivre en couple ce n’est pas prendre un appartement en commun [+ un chat pour les couples bien rôdés], regarder la télé en se faisant des mamours, s’éclater au lit et se demander en même temps si l’herbe est plus verte dans le jardin du voisin… La vision du couple est universelle, que l’on soit gay ou hétéro. L’image du couple me paraît faussée parce qu’elle repose qu’on le veuille ou non, sur le concept de mariage, d’union matérielle, de partage de biens et de sexualité.

C’est peut être pour ça que je n’ai pas encore réussi à construire mon couple, mais cette force mystérieuse qui me pousse est toujours là et elle me dit « tiens bon, et bientôt… ».

Que vous soyez seul ou en couple, portez vous bien.

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Commentaires
C
Pourquoi obligatoirement un chat ??? Il y a d'autres animaux de compagnie : le chien, les poissons rouges et aussi les vers de terre par exemple !!!<br /> <br /> Personne est obligé de se mettre en couple. Plus tard, il faut simplement ne pas avoir de regrets. Aucun couple n'est parfait !!!<br /> Perso, au fond de moi, le couple conventionnel est primordial. Certains diraient que je veux inconsciemment améliorer l'image du couple reçue de mes parents. Je ne sais pas... mais je suis mieux en couple que célibataire.<br /> <br /> allez bon 14 juillet...
T
Des questionnements dans l'air du temps, des questions universelles, mais dont chaque réponse est - comme chacun de nous - unique. Hélas ?<br /> <br /> Ha, une dernière chose : nul besoin d'être en couple pour avoir un chat ^^
Gay.mais.pas.que
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