Le p'tit message porte bonheur - 10e message
Vous savez, plus que jamais je pense qu'il faut croire en soi avant de croire au reste.
Savoir qui on est n'est, en fait, pas si compliqué que ça, parce que savoir qui l'on est c'est juste accepter d'être tels que nous sommes. Tout simplement (ou devrais-je dire "tout finalement"). Ok, je le reconnais, ça demande une petite dose de maturité quand même, surtout quand on se sent vraiment "décalé" par rapport à certaines autres personnes. Pour parler clair : c'est sans doute plus difficile quand on est gay que quand on est hétéro [encore que beaucoup d'hétéros sont complètement perdus].
Comme me l'a dit un lecteur de ce blog [qui m'autorisera à reprendre ici ses propos - hein, tu m'autorises, dis ?..] : "avant tout (l'homosexualité) c'est une pratique plus qu'un état". Cette phrase a résonné [raisonné ?] dans ma tête toute la journée. [Si c'est vrai, toute la journée.] Ça peut paraître un peu brutal dit comme ça, mais en fait, ça me paraît très vrai. L'homosexualité n'est pas ce qui nous anime, n'est pas ce qui nous rend laid, beau, fort ou faible [bien que dans certains pays ce soit un délit], n'est pas ce qui nous caractérise, nous définit, nous fait plus bête ou plus intelligent que nous ne sommes vraiment [pour certains ça serait bien quand même que ça les rende un petit peu plus malin quand même...]. Une fois qu'on a compris ça, on a compris aussi qu'être gay ça ne veut pas dire forcément "être efféminé, écouter Mylène Farmer, ne penser qu'à baiser et vouloir jouer à papa-maman avec son compagnon en revendiquant le droit au mariage" [j'ai encore repris les propos de mon ami].
C'est le coeur de ce que je veux expliquer et ce que, de plus en plus, j'ai envie de revendiquer. C'est vraiment ça le droit à l'indifférence, je pense. N'en déplaise à ceux qui veulent légaliser le mariage gay, l'adoption pour les couples homos ou je ne sais quel simulacre de vie "normale".
> Par pitié, faites que ma vie soit tout sauf "normale".
Je ne veux pas exclure la souffrance que certains ressentent au quotidien en se pensant rejetés, laissés pour compte, haïs parfois même, du simple fait qu'ils sont gay. Je l'ai ressenti aussi à une époque... C'était une période de ma vie pendant laquelle je doutais de tout et surtout de moi, où je cherchais quelle était ma place dans ma famille, dans mon entreprise, dans la société, dans la vie tout court. La question était justifiée, mais pour autant je ne considérais le problème qu'en le regardant sous l'angle de ma sexualité est c'était assez réducteur, vous ne trouvez pas ? En fait, l'homosexualité peut être parfois un piège en ce sens qu'elle nous sert d'échappatoire pour ne pas faire l'effort [car ça demande des efforts d'être soi] de s'intégrer, de se chercher, de se trouver et de s'affirmer.
Soyez fier de ce que vous êtes, vraiment.
Portez vous bien.