Avant-hier (mercredi pour ceux qui ne sont pas à jour), j'étais à Paris. J'aurais pu vous dire que j'y étais pour affaire, mais non, j'y suis simplement allé pour un rendez vous « quelconque » d'à peine une heure et demie. En arrivant le matin à 9h et en repartant le soir à 20h, j'avais un peu de temps devant moi et pas grand-chose à faire...

Il fut un temps (pas si lointain) où j'allais régulièrement à Paris. En fait, je n'habitais qu'à quelques kilomètres de la capitale et il m'était facile (mais pas économique) de m'y rendre. Aujourd'hui, en habitant l'extrême [dans tous les sens du terme] Est de la France, ces escapades parisiennes me sont devenues quasiment impossibles. L'arrivée du TGV il y a 2 ou 3 ans n'y a rien changé. C'est vrai que c'est plus rapide mais le prix des trajets a explosé ! Enfin, bref, là je suis en vacances pas loin de Paris donc ça tombait bien... puisque j'avais un rendez-vous... à Paris... vous voyez ?

Ayant du temps devant moi [donc], j'ai pu pleinement retrouver l'ambiance unique qui règne à Paris. Ca commence par la gare de l'est. Autrefois (avant le TGV et sa cohorte de gares rénovées), c'était un endroit où on pouvait draguer aussi facilement qu'acheter Le Figaro [ou un autre journal, peu importe]. Il suffisait de descendre aux toilettes publiques : il y avait là en permanence des hommes à la recherche d'un petit moment de plaisir avec d'autres hommes. Je vous concède que c'était glauque [à voir, à entendre et à sentir aussi]. Déjà les toilettes publiques ce n'est pas glamour en soi mais si vous rajouter des vieux-cochons qui cherchent à reluquer votre "matériel" c'est encore pire ! Ce n'est pas le sujet de ce post, mais, sans fierté aucune [loin de là], je pourrais vous raconter des anecdotes qui me sont arrivé dans ces lieux (comme la fois où j’ai « visité » les coulisses du métro)... mais une autre fois [peut-être]. Toujours est-il que ce n'est plus comme ça maintenant. Il n'y a plus l'ombre d'un gay [pervers ou pas, jeune ou moins jeune] dans cette gare, à part moi fraîchement débarqué d’une autre époque. La seule "curiosité" que j'ai croisée ce sont les frères Bogdanov qui tentaient de se faire aborder par des fans [mais il n'y en avait pas] devant les quais. Il n'y avait que des gens pressés courant après leur train. Chaque sortie de métro ressemble à une scène de panique [d'autant plus que sur les quais des trains de banlieue (juste en face) il y a une sonnerie hyper stressante (genre sonnerie de cour de récré) qui retentit quasiment en permanence]. Un spectacle unique. Je ne l'ai jamais vu se jouer en Province.

Ne sachant pas vraiment comment occuper ma matinée [je ne voulais pas faire de shopping pour deux raisons : 1° budget serré et 2° pas envie de me trimbaler des sacs toute la journée, et surtout pas pendant mon rendez-vous], je suis finalement allé au musée [ça le fait, hein ?]. A la Cité de la Science et de l'Industrie pour être plus précis. Je me souvenais y être allé une fois dans ma jeunesse écolière. En classe de 3e peut être, donc, vers 1986 ou 1987... Un bail, je vous l’fais pas dire ! Dans mon souvenir c'était un bel endroit. Il y avait là bas un parc, une géode, des fontaines, des bassins et pleins de choses intéressantes à voir. Autant vous dire que mon souvenir a pris une claque ! Ca a pour le moins très mal vieilli. Je dois préciser aussi qu'il ne faisait pas beau mercredi. Du coup les bâtiments gris semblaient encore plus gris et sales. Le parc avait des allures de terrain vague (ou de vague terrain). Les fontaines et les bassins, couleur marron foncé, faisaient triste mine. La géode me semblait avoir rapetissé. Je ne me souvenais pas des appartements d'habitation autour. Ou alors il y a 24 ans ça ne ressemblait pas [encore] à des tours HLM ? Impression très médiocre qui s'est vite confirmée quand j'ai visité les expositions permanentes. Relativement décevantes. Mais c'est peut être du au fait que, depuis 1986 j'ai appris des choses. J'ai donc moins à découvrir, ou alors dans d'autres domaines peut être ?

Quoi qu'il en soit, ma matinée est somme toute passée assez vite. Je me suis ensuite rendu à mon rendez vous. Dans le XIIIe. Bien sur, j'ai pris le métro. Ah ! l'odeur du métro. C'est un mélange de toutes les puanteurs que la ville génère. On le chauffe à feu très doux et on le ventile de temps en temps [comme un gâteau dans un four à chaleur tournante]. Ensuite il suffit d'incorporer les touches délicates de parfum qui passent par là et vous obtenez l'odeur du métro. Indéfinissable. Tout ce que je peux vous dire c'est qu'elle donne mal à la tête.

J'ai eu le sentiment [rien qu’à la façon dont certains me regardaient] qu'on me trouvait un peu plouc dans mes habits du dimanche. Je me suis dit que c'était assez amusant : dans la campagne où je vis je passe pour un sophistiqué et ici, à la ville, je passe pour un péquenaud. Je vous rassure, le mot péquenaud n'est pas si péjoratif qu'il en a l'air. Comme quoi la perception des gens est conditionnée par leur environnement. Le regard que l'on porte n'est pas la réalité de ce que nous voyons. Nous comparons les autres, quels qu'ils soient, à nos références (entourage, milieu professionnel, famille) et nous essayons de faire entrer tous les individus dans nos boîtes à convenances exigües. C'est vrai à Paris, c'est vrai en province, c'est vrai partout. Sans doute que cela nous rassure.

Voilà. Un texte sans grand intérêt, j'en conviens. Mais je suis en vacances, alors...

Portez vous bien.