Ce matin je suis allé courir.

J’y suis aussi allé lundi et jeudi cette semaine. En semaine je cours 10 kilomètres environ car je n’ai pas beaucoup de temps. Le dimanche je peux me permettre de faire de plus longs parcours. Aujourd’hui, j’ai fait 16 km par exemple. Ca peut paraître beaucoup pour ceux qui ne pratiquent pas la course à pied, mais 10 km c’est le minimum et 16 km ce n’est pas énorme en réalité. 

Je me suis mis à courir en février 2008. Ca fait donc 2 ans 1/2. Mon rythme de sorties n’est pas toujours très régulier. Il est fonction de la météo et aussi et surtout de ma motivation. La première fois, je m’en souviens bien j’ai fait 1 kilomètre en tout et pour tout. Ca ne m’avait pas paru très difficile, mais j’avais en tête les séances de sport à l’école puis à l’armée durant les quelles il fallait courir. Je les avais en horreur. Les points de côté affreux et les « champions » de la course qui vous mettent plusieurs tours de stade dans la vue…  Je ne me sentais pas fait pour devenir « coureur régulier ». En même temps, je ne savais pas quel sport commencer. Je ne suis pas bon nageur, la musculation me gonfle [sans jeu de mot] et les sports collectifs, euh… sans façon ! Il ne me restait donc plus que la course car ça ne nécessite pas un trop grand investissement en termes d’équipement et que c’est à la portée de tous, à moins d’avoir de gros problèmes cardiaques ou respiratoires. C’est un des seuls sports qui ne demande pas de technique particulière et qui peut se pratiquer partout, toute l’année. J’aurais pu me sentir découragé la première fois que je suis allé sur la piste pour courir mon seul et unique kilomètre. Et pourtant j’y suis retourné. 1 fois, 2 fois puis 3 et à chaque sortie je faisais mieux que la fois d’avant. Je découvrais un nouveau tronçon de la piste cyclable le long de la rivière à chaque course. Curieusement, j’ai été assidu dès le départ, et encore plus quand j’ai commencé à voir concrètement les résultats. Très vite, mon embonpoint sur le ventre a commencé à fondre, mes jambes se sont aiguisées, ma silhouette s’est élancée. Et puis je sentais qu’en plus de faire du bien à mon corps, cela faisait aussi du bien à mon esprit. Oui, c’est peut être idiot, mais aller courir, m’oxygène aussi les idées !

Quand j’ai commencé à courir, je me disais « quand tu arriveras au bout de la piste, tu auras fait du bon travail ». Je m’étais mis cet objectif en tête, à peu près persuadé que je ne l’atteindrai jamais. Et puis, de fil en aiguille, j’ai atteint 6 km d’affilé de plus en plus régulièrement. Du coup, faire moins devenant impossible, j’ai aligné mes 8 km quelques mois après. C’était facile à mesurer [la piste est marquée avec les kilomètres] parce que ça correspond à un endroit où la piste croise la route. Il faut y faire attention. Je suis resté longtemps « bloqué » sur mes 8 km et un jour, pas tout à fait comme les autres je suppose, je suis allé au-delà de la route. J’ai découvert que je pouvais faire 10 km et je me suis pris à penser que, peut être, dans un futur lointain, je verrai la fin de la piste…. Comme j’ai commencé ce post en me vantant d’avoir fait 16 km ce matin, vous vous doutez bien que j’ai finit par la voir la satanée fin de cette piste. Au total ça représentait 12 km. Je dois dire que la première fois ça été très dur [surtout pour revenir]. Ca c’était il y a 1 an à tout casser.

Je dois confesser que cet hiver, j’ai beaucoup relâché mon entraînement. Bon ok, il a fait très froid cette année [du moins dans ma région de France] mais je crois que j’ai surtout eu un passage à vide. Un besoin d’arrêter… pour mieux reprendre peut-être. Et, de fait, depuis le printemps je n’emprunte plus la piste que sur quelques kilomètres et, le reste du parcours, je bifurque en forêt. Je n’ai pas peur de m’égarer ou de faire trop de kilomètres. Je suis désormais assez en confiance avec mes capacités. Bien sûr je fais attention de ne pas courir en journée quand il fait très chaud comme en ce moment car c’est très dangereux.

Alors peut être pensez vous que courir est monotone. A première vue, c’est un peu vrai. Courir pendant 1 heure ou 1h30, ça n’a rien de très captivant. Et pourtant… D’abord il y a le paysage que vous ne voyez pas du tout de la même façon. Les détails qu’on ne voit pas en voiture par exemple, vous sautent littéralement aux yeux. Les champs de coquelicots ou les ciels changeants, les soleils laiteux, jaunes, rouges, oranges… Et puis il y a des rencontres surprenantes. L’autre jour un cerf volant est sorti des fourrées. Je dis que ce cerf volait parce qu’il a surgi de nulle part pour retourner vers nulle part, juste le temps de bondir 2 fois sur le chemin en se cambrant. J’ai été vraiment étonné par la taille de cet animal. Il était presque aussi gros qu’un petit cheval. Très impressionnant. Ce matin, j’ai croisé un renard. Effrayé, il est parti à une vitesse folle dés qu’il m’a vu. Et aussi cet écureuil marron clair, tout menu sur un mur…

Enfin, courir me permet de me remettre les idées en place. Quand j’ai des soucis ou que je me pose trop de questions, je ressens le besoin d’aller courir. C’est comme si le fait d’agiter mes jambes remettait mécaniquement mes idées et mes pensées en ordre de marche. Je vous assure qu’après une séance j’y vois plus clair. C’est peut être tout simplement parce que je suis plus détendu physiquement et que mon esprit est moins stressé dans un corps plus détendu ? Ou est-ce parce qu’en courant je prends du recul, je m’isole et je me retrouve ? Avant de courir, je croyais que la cigarette avait le même pouvoir : ok, sans commentaire !

Je me retrouve en courant car la course est un sport solitaire. Et j’ai besoin d’être seul parfois [régulièrement] alors même que dans mon métier, tous les jours, je croise des centaines de personnes [je vous jure, je n’exagère pas].

Bougez, bougez tant que vous le pouvez. Votre corps est le seul bien précieux que vous possédez, alors portez vous [le] bien.